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158 milliards pour les prédateurs de la finance ! Non à l'austérité, annulation de la dette !

 

Une nouvelle fois, un sommet européen vient de se tenir le 21 juillet pour tenter de trouver un accord sur la question d’un nouveau plan d’aide à la Grèce, d’une ampleur comparable au premier (environ 158 milliards d’euros).

Cette question du risque de défaut de paiement de la Grèce prend une ampleur d’autant plus grande que vient se rajouter la crise de la dette de l’Espagne, de l’Irlande, du Portugal et de l’Italie et surtout celle bien plus inquiétante des Etats-Unis qui est en passe de franchir le plafond « constitutionnel » de... 14 290 milliards de dollars !
Pris de méfiance à l’égard de leur propre système, les plus gros actionnaires se désengagent des marchés boursiers, et hésitent même à prêter aux Etats… sauf à des taux exceptionnels. Un nouvel épisode aigu de la crise financière menace.
Lundi dernier, le CAC40 a dégringolé de 2,04 % atteignant son plus bas niveau de l’année et les bourses de Francfort, Milan ou Madrid ont suivi la même tendance.

Et ce n’est sûrement pas la publication des « stress tests » très optimistes sur l’état des banques européennes, le 15 juillet dernier, qui a pu rétablir cette fameuse « confiance ». Comme le commente un économiste : « Il est incroyable d'envisager des hypothèses aussi faibles, des scénarios presque à l'eau de rose. La situation des banques est bien plus dégradée qu'il n'y paraît ».

Face à cette situation, les seules mesures envisagées ne sont que des emplâtres, incapables à s’attaquer au réel problème du parasitisme de la finance. A l’image de ces « stress tests » sans aucune valeur pour les gros investisseurs financiers, le seul objectif des gouvernements est de tenter de rétablir la confiance des marchés financiers, c’est-à-dire des banques, des institutions financières, des fonds de pension, des bourses.
Ils envisagent ainsi de racheter une partie de la dette grecque, via le Fonds européen de stabilité, ce qui ne peut conduire, à terme, qu’à relancer la spéculation sur cette dernière. De même, les mesures visant à baisser le taux et à augmenter la durée des prêts consentis par les Etats de la zone Euro aux pays en difficulté, auront la même conséquence. Merkel a évoqué de mettre à contribution les banques privées… mais par-delà les annonces, tout le monde craint surtout que les plus faibles d’entre elles voient leur note s’écrouler, avec des conséquences comparables à la faillite de Lehman Brothers en 2008. L’opacité et le parasitisme du système financier sont tels, qu’ils sont incapables d’apporter une solution. Il n’y a aucune issue sans mesures autoritaires vis-à-vis de ces marchés qui asphyxient l’ensemble de l’économie.
L’aggravation de cette crise de la dette, la menace d’une nouvelle crise financière qui ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Europe, contraignent tous les partis à se définir en fonction des réponses qu’ils proposent d’autant que leur horizon est fixé sur la ligne de l’élection présidentielle. Sur ce terrain, la droite comme le PS défendent la même politique sur le fond. Ce dernier postule même à être le meilleur parti pour mener la cure d’austérité face à une droite discréditée, comme le montrent les récentes déclarations des différents candidats aux primaires.

Royal vient de l’exprimer clairement par sa main tendue « jusqu’aux gaullistes qui pensent que dans le cadre de l'effort national considérable qu'il y aura à fournir en 2012, il vaudra mieux s'associer avec la gauche plutôt qu'avec une droite qui aura fait depuis cinq ans exactement le contraire de ce qu'elle avait promis ». Quant à Hollande, il se présente déjà comme le candidat de la « rigueur » en déclarant : « La dette est l'ennemie de la gauche et de la France (…) il faut rééquilibrer les comptes publics sans tarder, descendre à 3 % du PIB le plus vite possible »… et pour mieux préciser le sens du rééquilibrage, il rajoute : « Le candidat qui annonce qu'il n'y aura pas d'effort supplémentaire après 2012 sera un président qui se parjurera ».

Oui, Hollande a raison. Tous les partis restant enfermés dans la logique des rapports de force sociaux et institutionnels n’auront d’autre choix, quelles que puissent être leurs intentions, que de se plier à la logique de la privatisation des finances publiques entre les mains des banques, à la soumission des Etats à la finance.
Les choses sont claires, alternance ou pas en 2012, les travailleurs et les classes populaires seront confrontés à de nouvelles mesures d’austérité pour sauver les profits patronaux et bancaires.
C’est bien pourquoi nous pensons qu’il y urgence à rassembler les anticapitalistes pour construire une véritable opposition ouvrière et populaire autour de perspectives claires pour la défense des intérêts du monde du travail.
Oui,« Il ne peut y avoir de sortie de crise sans inverser le rapport de force sociale et politique entre le monde du travail et les classes possédantes. Contrairement à ce que prétendent les gouvernants, la lutte des salariéEs pour la défense de leurs droits, loin d’être vaine, représente la seule voie pour sortir de la crise » (*).
Cela commence par légitimer les luttes pour les salaires, car « ce sont les profits exorbitants, confisquant une part toujours plus importante de la richesse produite, qui sont à l’origine de la spéculation et de la crise financière. La meilleure façon de réduire les profits, c’est d’augmenter la part des salaires. Il y a urgence à augmenter les salaires de 300 €, à garantir que pas un revenu ne soit inférieur à 1500 € net, à opérer un rattrapage des salaires féminins » (*).
Face aux licenciements et aux fermetures d’entreprises, il faut imposer l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous. Ce n’est pas aux travailleurs de payer les frais de la crise des capitalistes. « Les gains de productivité ont été accaparés par les actionnaires. Il faut mettre fin à cette injustice : s’il faut moins de travail pour la même production, c’est aux salariéEs d’en bénéficier. Il faut passer tout de suite à 32 heures sans perte de salaire, embaucher et refuser la flexibilité. (...)Il faut réduire et partager le temps de travail jusqu’à l’abolition du chômage ! (…) En cas de diminution de la production, l’intensité et la durée du travail doivent être réduits sans perte de salaire. Les licenciements doivent être interdits » (*).
Cela ne peut s’imposer que par le contrôle direct des travailleurs sur la marche des entreprises, par la remise en cause du droit exorbitant des actionnaires et du patronat à décider de tout ce qui concerne la production de richesses. « Dans les entreprises qui font des profits comme dans celles qui apparaissent en difficulté mais dépendent en réalité d’un grand groupe qui fait lui des profits, les salariés doivent avoir accès aux comptes des entreprises et pouvoir remonter jusqu’aux donneurs d’ordre, ce qui implique la levée du secret bancaire ». (*)
Du point de vue des besoins de la population, nous devons revenir sur toutes les politiques de privatisation des services publics, qui n’ont servi qu’à donner des marchés juteux à des trusts. De même, nous défendons le droit à la santé gratuite pour tous, à l’éducation, à l’accès à l’ensemble des services publics, face à toutes les coupes claires opérées dans les budgets sociaux par les gouvernements successifs. « Défendre des conditions de vie décentes pour la population passe par des services 100 % publics et une extension de la gratuité : santé, transports collectifs de proximité, télécommunications… » (*).
De telles mesures passent nécessairement par la question centrale de l'annulation de la dette qui sert aujourd'hui de pompe à profit à l'ensemble de la finance. Cette dette est illégitime, produit de toute une politique de libéralisation et de financiarisation qui asphyxie aujourd’hui l’ensemble de l’économie. « Pour les défenseurs du capital ‘la dette doit être honorée’, car l’endettement serait la preuve du ‘laxisme’ des gouvernements et du ‘poids insupportable’ des ‘transferts sociaux’. Pour nous la dette est illégitime. Les salariés ne doivent pas la reconnaître. Ils ne doivent pas la payer » (*).

Seule une telle mesure autoritaire d’annulation pure et simple de la dette pourrait permettre le démantèlement de la finance et la socialisation du secteur bancaire, à l’inverse de ces politiques visant à remettre en selle en permanence le système financier. « Une telle annulation de la dette sape les bases de la domination des grandes institutions financières. Il n'est évidemment pas question de venir les sauver une nouvelle fois, mais au contraire, de mettre en œuvre une appropriation publique et sociale complète du système de crédit. Cette socialisation vise à mettre en place un véritable service public bancaire décentralisé et démocratiquement contrôlé » (*).

La mise en œuvre d’une telle politique demande un changement radical de pouvoir, un gouvernement capable de refuser la loi des parasites de la finance, de la propriété privée des actionnaires, « un gouvernement au service des travailleurs et de la population, s’appuyant sur leur mobilisation, leurs organisations à travers des comités démocratiques en particulier dans les secteurs des banques et de la finance prendrait trois mesures clés qui permettraient d'atteindre un tel objectif : l'annulation de la dette illégitime, la socialisation du système de crédit et le contrôle des capitaux » (*).

Un tel gouvernement des travailleurs, s’appuyant sur la solidarité internationale des opprimés, saurait s’adresser aux travailleurs, à la jeunesse des autres pays, qui, comme en Grèce ou en Espagne, luttent contre les banquiers et les plans d’austérité à répétition. « La socialisation du crédit est indissociable du contrôle de la circulation des capitaux et donc des places financières. Elle implique la fermeture des bourses et le contrôle des échanges monétaires. Une telle politique qu’engagerait un gouvernement démocratique des travailleurs ne signifie nullement un repli sur les frontières, un isolement national. Quel que soit le pays où les travailleurs parviendront les premiers à se mettre en position de ne pas payer la dette illégitime et de socialiser le crédit, les mesures seront accueillies avec enthousiasme par ceux des autres pays » (*).

L’ensemble de ces mesures sont indispensable si nous ne voulons pas connaître un recul social et politique sans précédent. Elles doivent permettre de regrouper l’ensemble du monde du travail, toutes celles et ceux qui dans les syndicats et associations refusent de se plier à la logique destructrice du système. Le NPA doit s’en faire le propagandiste en particulier dans la campagne électorale à venir, être l’instrument du regroupement des anticapitalistes dans la perspective de construire un véritable parti d’opposition ouvrière et populaire popularisant, défendant, mettant en œuvre, dans les luttes et les mobilisations, ce programme.

Laurent Delage
 

(*) Extraits de « Nos réponses à la crise » texte adopté par le dernier congrès du NPA, accessible sur le site en cliquant sur le lien.